S’exposer au vent

Conversations autour du projet d’éoliennes flottantes dans le golfe du lion

Le Bureau des guides du GR2013 organise dans le cadre du débat public Eoliennes Flottantes en Méditerranée trois marches exploratoires pour contribuer à l’élaboration d’une grande balade publique qui se partagera le 2 octobre prochain. 

Exposer les questions du vent.

S’exposer collectivement à la conversation.

Ces marches exploratoires vous proposent de partager un temps de conversation dans quelques uns des paysages concernés par le projet.

Que l’on soit pêcheur.se., paysagistes, juriste, ornithologue, historien.ne.s de l’énergie ou ingéneur.e.s en éolienne, les questions que l’on adresse aux futurs parcs éoliens flottants ne sont pas les mêmes. 

Il s’agira de déplier collectivement les mondes que ces installations convoquent, traversent, impactent comme les fonds marins, les trajectoires migratoires, les mondes sonores, les formes concrètes de la production énergétique, les usages du grand large. 

Nous vous invitons à participer à cette enquête collective pour tenter de fabriquer un espace de discussion entre ces manières de questionner et en tissant des liens entre les mondes concernés.

Il souffle pleins de vents, parfois contraires, alors prêtons une attention à toutes les brises pour apprendre à s’orienter et éprouver collectivement le futur…

  • La première marche aura lieu le 9 juillet sous forme d’une navigation de Port de Bouc à Port Saint Louis. Elle nous exposera aux paysages énergétiques du golfe de Fos et à ceux plus invisibles des fonds marins. En compagnie de Bertand Folléa, paysagiste directeur de la chaire paysage de la transition énergétique, Marie-Laure Lambert, chargée de recherches en droit de l’environnement, Yves Henocque, écologue marin questionnant les modes de gouvernances maritimes.

  • La seconde se tiendra le 31 août dans les sansouires Port Saint-Louisiennes pour porter notre attention sur les mobilités éoliennes et animales. En compagnie d’Arnaud Bechet, Écologue de la Tour du Valat, Alain Nadaï, Socio-économiste des enjeux énergétiques, Stéphane Arnassant, Responsable du pôle biodiversité et patrimoine naturel du Parc naturel régional de Camargue (Sous réserve) et Laurence Nicolas, anthropologue (Sous réserve).

  • La troisième le 9 septembre explorera les alentours de l’anse de Gloria en nous invitant à converser sur les usages du littoral et de la mer, les politiques énergétiques et économiques ainsi que la place des communautés concernées dans les processus décisionnels.

  • Balade publique le 2 octobre. (Infos à venir)
Journal La Provence, le 15 juillet 2021

DANS LE CADRE DU DÉBAT EOS – QUELLES ÉNERGIES EN MÉDITERRANÉE ?

PARTICIPEZ AU DÉBAT DU 12 JUILLET AU 31 OCTOBRE 2021

Informations pratiques

02 octobre 2021

Balade publique le 2 octobre. (Infos à venir)

LE VOYAGE ESTIVAL

juillet 2021 – des résidences d’artistes dans les bases de voile et les clubs nautique du littoral & des ateliers, des marches et des navigations sur les rives de l’étang de Berre

 

L’équipage de l’expédition Pamparigouste reprend cet été ses explorations de l’étang de Berre et rajoute quelques chapitres à sa folle aventure !

En associant comme toujours les habitant·es des rives et les visiteurs·euses des terres plus lointaines de la métropole ; des ateliers, des marches et des navigations nous conduirons à Martigues, Berre-l’Étang, Saint-Chamas ou encore Miramas, en grande complicité avec les bases nautiques et clubs de voile des communes.

Avec le voyage du Ressentiscaphe, qui embarquera de jeunes habitant·e·s-explorateurs·trices du centre social Aquarelle (quartier Béalé de Berre), nous retrouverons les escapades écologiques et poétiques du collectif SAFI, l’art de la collection et de l’animation des imaginaires de Camille Goujon ainsi que les enregistrements sonores de Pascal Messaoudi. Nous croiserons au passage l’artiste Gilles Desplanques en résidence de création au Nautic Club de Miramas à l’occasion d’une balade en direction des rives de l’étang à Saint-Chamas.

Dans le cadre du « Bel été » de Martigues, le collectif VOOGT et le designer Maxime Paulet s’interrogeront, avec humour et goût de l’expérimentation sur la question des déchets ainsi que nos rapports aux écosystèmes abîmés. Celleux qui s’intéressent à la question des incendies, pourront également aller marcher avec l’anthropologue Elise Boutié.

Pendant ce temps-là, plus discrètement, les photographes Geoffroy Mathieu, Grégoire Edouard, rejoints cette année par Sylvain Maestraggi et Camille Fallet poursuiveront leurs enquêtes photographiques autour de l’étang.

Plusieurs rendez-vous vous permettront de rejoindre l’équipage et ses jeunes recrues sur les rives :

21 juillet : Retrouvailles de l’équipage, présentation du Ressentiscaphe par le collectif SAFI à Saint-Chamas. Sortie de résidence de Gilles Desplanques au lavoir de Saint-Chamas.

30 juillet :
10h-16h Marcher avec le feu, une balade à Martigues sur les rives du parc de Figuerolles  avec Élise Boutié pour apprendre à vivre avec les risques incendies dans nos territoires méditerranéens.

18h30 : « L’humain s’est vaincu lui-même. Deux rescapés font face aux vestiges d’un monde dont ils n’ont plus que de vagues souvenirs. », une performance du collectif VOOGT issue d’une résidence au Cercle de Voile de Martigues avec les différents habitant·e·s des quartiers avoisinants pour interroger les récits et mythes de l’étang de Berre.

31 juillet et 1er août à 14h30 : embarquement avec Maxime Paulet sur les bateaux collectifs du Cercle de Voile de Martigues.

Comment se déroule la vie dans les rivages ?
À partir de l’hypothèse d’inviter les moules à “s’accrocher » à la vie dans l’étang de Berre, le collectif SAFI a inventé et construit le Ressentiscaphe, une plateforme flottante qui invite à mesurer la vie à la surface et dans les profondeurs de l’étang à l’aide de nos perceptions sensibles. Suite à leur traversée de l’étang à bord de cette embarcation en juillet 2020, ils ont imaginé 4 Récits à Déguster, des histoires illustrées par des expériences gustatives qui déplient leurs trésors récoltés en voyage.
__
Collectif SAFI
SAFI – Du Sens, de l’Audace de la Fantaisie et de l’Imagination, est un collectif d’artistes plasticiens fondé en 2001 par Stéphane Brisset et Dalila Ladjal.
Le collectif explore les ressources, se nourrit de rencontres, prend le temps de la résidence, du vagabondage et de l’expérimentation pour prendre le pouls des territoires traversés et mettre en valeur, en lumière, la conversation intime entre des hommes et leur environnement.
A partir d’un répertoire de gestes fondamentaux : Marcher, sentir, écouter, manger, cuisiner, bricoler, jardiner… SAFI invite le public à traverser des zones oubliées, à pratiquer des gestes collectifs et à(re)découvrir des richesses insoupçonnées. 
https://collectifsafi.com/
Les sites industriels, barrages hydrauliques et centrales nucléaires sont devenus des sites touristiques au même titre que les pyramides égyptiennes. Objets de fierté de notre société industrielle, ces sites sont potentiellement les vestiges futur de notre civilisation contemporaine.
__
Camille Goujon
Dessins, sculptures, film d’animation, vidéos, installation. Si le point de départ du travail de Camille Goujon s’ancre dans le réel, ses créations plastiques donnent forme à l’imaginaire, prétexte à raconter des histoires où l’articulation entre réel et fiction est si ténue qu’elle lui permet de traiter de sujets graves avec humour.
Depuis plusieurs années, la plasticienne collectionne les objets témoins de l’évolution de notre paysage.
https://www.camillegoujon.com/collection
En accostant sur les rives de l’étang de Berre, et en s’enfonçant dans les terres, le photographe Geoffroy Mathieu a parcouru un territoire morcelé et contradictoire, dans lequel espaces merveilleux et protégés côtoient zones surexploitées jusqu’à l’usure. Ses images amorcent un récit d’anticipation à partir de nos réalités contemporaines : ici, c’est déjà demain, les paysages nous propose de regarder en face la catastrophe à venir. À moins que quelques êtres attentifs ne travaillent déjà à réparer…

De ses pérégrinations, ont surgi des images aux apparences calmes mais dont le silence renferme de graves traces d’atteintes écologiques. Après avoir donné la parole aux scientifiques afin qu’ils décryptent les écocides pointés par ses photographies, ces dernières rejoignent le groupe de marcheurs pour former La manifestation des images.
__
Geoffroy Mathieu
Geoffroy Mathieu est photographe. Il s’intéresse aux paysages en mutation, aux territoires ruraux ainsi qu’aux métropoles méditerranéennes. Depuis 2012, il explore les relations ville-nature et le périurbain de la Métropole marseillaise.
https://www.geoffroymathieu.com/La-manifestation-des-imagesEtang-de-Berre
Overflow – UN Rescue 
Gilles Desplanques, 2009

“Dans un premier temps, je propose un repérage comme une exploration afin de rencontrer les personnes qui m’accueillent, découvrir la ville et les alentours pour mieux appréhender le site.  J’aimerais commencer ma résidence par un tour de l’étang en kayak, qui est un moyen de suivre ses berges, s’y poser, faire halte, accueillir l’imprévisible, glaner des objets, prendre des photos, réaliser un reportage.  
L’idée est de nourrir le travail qui s’engagera au retour, en proposant de construire une embarcation à partir de ce qui a été glané durant le périple et proposer aux habitants de Miramas et St Chamas, d’apporter des objets de famille dont il pourrait faire don pour nourrir la construction d’un radeau.  Dans l’esprit des merveilleux fous volants, et des débuts de l’aviation, l’idée est de convoquer notre créativité collective pour fabriquer et faire avancer un radeau construit à partir de bouts de maisons, qu’il soit bâti ou mobilier, chaises, tables, commodes, sommiers, tringles etc.   Le club pourra alors servir de base technique et logistique à cette aventure commune.  
 Une cérémonie de départ pourrait clôturer cette résidence et aventure, qui convoquera des personnages partants à l’aventure du vaste monde ou de cette fameuse île légendaire du nom de Pamparigouste.“

__
Gilles DESPLANQUES 
“Ma pratique artistique questionne notre rapport à l’espace physique et mental. Je propose des formes, des récits qui interrogent le contexte des sites où je suis invité à présenter mon travail. Je tente au fil des résidences et des expositions de trouver la réponse artistique la plus juste au regard du lieu, de son histoire, de sa situation et des personnes qui y vivent. Ces propositions sont souvent le fruit d’une rencontre avec un paysage. Elles donnent lieu à des récits qui peuvent prendre des formes très variées, et passent souvent par des collaborations avec des habitants, des artisans ou des techniciens en fonction de la nature de l’œuvre. Ces préoccupations m’amènent aussi à répondre à des commandes publiques qui proposent de concevoir et d’installer des œuvres pérennes dans des espaces partagés.
Mes films, mes installations, mes dispositifs qui mêlent sculptures et performances, abordent des problèmes intemporels de la condition humaine et sont pour moi un endroit de réflexion sur notre société, notre identité, notre réalité. Ou comment par l’absurde et l’humour mieux sentir le trouble profond d’être.“
http://www.documentsdartistes.org/artistes/desplanques/repro.html

Depuis plusieurs années, Maxime Paulet développe le Pélerin,  un outil de dépollution aquatique, une « nasse » adaptée qui facilite le ramassage de déchets flottants à bord d’une petite embarcation, pour les ramener à terre et être collectés. Destiné aux plaisanciers, écoles de plongée, de voile, bateaux-école, locations de barques sans permis, ports de plaisance, (etc.), il permet d’agir localement, d’impulser une initiative citoyenne et d’endiguer petit à petit les déchets plastiques qui envahissent les rives et les rivages, tous les endroits où évoluent ceux qui aiment profiter de la mer, des lacs, des rivières. 

  Dans le cadre de l’expédition vers Pamparigouste, et des explorations artistique et scientifiques  autour de l’étang de Berre menées par le Bureau des guides en étroite collaboration avec l’Institut écocitoyen de Fos et le Gipreb, le designer Maxime Paulet (Aïe design) propose d’élaborer un “kit d’outils d’observation” à destination des écoles de voile, pour transmettre aux jeunes marins un regard objectif sur les milieux aquatiques. Ce kit – ou ensemble d’outils – s’imagine à partir des protocoles scientifiques pour créer un dispositif simple, capable de collecter des données suffisamment fiables pour alimenter certaines missions de recherche et d’analyse. L’objectif in fine est de pouvoir à la fois éduquer les jeunes générations de navigateurs tout en recueillant des informations valables dans une démarche scientifique.

__
Maxime Paulet 
Maxime Paulet est designer et créateur de l’entité Aïe design, née en 2009, ainsi que de la designOthèque, un lieu réunissant des “artistes appliqués” de Marseille. Sensible à la consommation excessive et aux enjeux climatiques actuels, son travail de création et de conception d’objets, de mobilier et d’installations en espace public tend vers un “design raisonné” par une épuration de la fonction comme de la forme, en détournant et en adaptant les procédés mécaniques. 
http://aie-design.com/

©Méraki, 
VOOGT, 2018.

“Crète. Entre septembre et novembre 2018, nous avons investi un camping abandonné attenant à une plage jonchée de vestiges plastiques stratifiés au gré des flux et reflux de la mer Méditerranée. Ce terrain de jeu, déserté depuis une vingtaine d’années, portait initialement le nom de Camping Gournia Moon.

Équipés d’un panneau solaire afin de nous assurer un minimum d’autonomie, nous avons entrepris de nettoyer, lentement mais sûrement, la plage. Immergés dans ce décors post-apocalyptique isolé de la synergie du quotidien, nous avons décidé de filmer cette quête en partant du postulat suivant : “L’humain s’est vaincu lui-même. Deux rescapés font face aux vestiges d’un monde dont ils n’ont plus que de vagues souvenirs.”

C’est ainsi que nous avons commencé à trier méthodiquement, à la manière d’anthropologues, les rebuts de la plage abandonnée et à collecter toutes traces de cet ancien monde afin d’en comprendre ses enjeux et les raisons de sa disparition. Ces vestiges ont progressivement façonné une nouvelle mythologie venue s’insérer dans notre quotidien. Des parures, offrandes et temples ont pris forme; notre solitude ayant convoqué un monde peuplé de divinités. Les mantras et poèmes mis en musique et déclamés par les chœurs que nous constituons, ponctuent et viennent rendre audible cette nouvelle narration. À la fois souvenirs d’un passé éteint et supports d’anticipation d’un futur déjà derrière nous. La plage fournit la matière et le temps le modèle.”

C’est dans la continuité de ces explorations autour des mythologies contemporaines faites de plastique que VOOGT s’embarque pour interroger les récits et mythes de l’étang de Berre, un territoire qui cristallise les processus d’industrialisation, de pollution et de fragilité des écosystèmes, mais aussi les rêves de paradis perdus. Comment peut-on réécrire les mythes pour imaginer le futur de l’étang et de ses habitants ?

__
Cie VOOGT 
La Cie VOOGT est née de la rencontre entre Madely Schott, performeuse et artiste plasticienne, et Phabrice Petitdemange, auteur/compositeur, performeur et plasticien. Leur travail prend la forme d’installations/performances à géométries variables, imaginant de nouvelles mythologies personnelles et collectives depuis l’esprit du glanage, de la bricologie et de l’hybridation. Au croisement entre vidéo, arts plastiques, performance et musique, VOOGT fait évoluer ses projets en lien avec le contexte environnant afin qu’une autre réalité onirique émerge.
https://voogt.fr/

Dans le cadre de l’expédition Pamparigouste.

Informations pratiques

21 juillet - 01 août 2021

21 juillet : Retrouvailles de l’équipage, embarquement à bord du Ressentiscaphe avec le collectif SAFI à Saint-Chamas pour 2 jours de navigation avec les jeunes du centre social Aquarelle et l’équipe de la base nautique de Berre-l’Étang. 23 juillet : Arrivée du Resssentiscaphe à Berre-L’étang et récit du voyage par les jeunes explorateurs·trices accompagné·e·s du collectif Safi, Camille Goujon, Pascal Messaoudi et Maxime Paulet. Projection du film réalisé lors des ateliers cartes postales menés par Camille Goujon. 30 juillet : Marcher avec le feu, une balade à Martigues sur les rives du parc de Figuerolles avec Élise Boutié pour apprendre à vivre avec les risques incendies dans nos territoires méditerranéens. Suivi par « L’humain s’est vaincu lui-même. Deux rescapés font face aux vestiges d’un monde dont ils n’ont plus que de vagues souvenirs. », une performance du collectif VOOGT issue d’une résidence au Cercle de Voile de Martigues avec les différents habitant·e·s des quartiers avoisinants pour interroger les récits et mythes de l’étang de Berre. 31 juillet et 1er août : embarquement avec Maxime Paulet sur les bateaux collectifs du Cercle de Voile de Martigues.

Le Cahier du Ruisseau

Un outils pédagogique du Collectif SAFI pour découvrir le fleuve côtier Caravelle-Aygalades

Graphisme : Pierre Tandille from Aéro-club studio
Production : Le Bureau des guides – GR 2013, La Cité des arts de la rue, AESE
Impression : Imprimerie CCI en juin 2021

Cette publication est soutenue par le Conseil départemental des Bouches-du -Rhône et le projet européen Nature For City Life porté par la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Attiko monopati

Du 18 mars 2021 au 15 octobre 2021

Depuis le printemps 2018, un nouveau sentier de randonnée, de création et de recherche urbaines traverse Athènes et son complexe urbain sur plus de 300 kilomètres. Pensé en dix-huit étapes, l’Attiko monopati permet d’aller de centres à centres, périphéries à centres et autres périphéries. 

Dessiné par Jordi Ballesta, géographe, photographe et membre de la coopérative de producteurs de sentiers “Paths of Greece”, le sentier parcourt quartiers populaires, cités-jardins, zones portuaires, sites archéologiques, anciennes carrières, forêts et maquis, plaines maraîchères, centres commerciaux, lits de rivières, massifs montagneux, littoraux jalonnés de résidences secondaires, combes et belvédères…

Si loin si proche de la géographie du GR2013, l’Attiko Monopati interroge les manières contemporaines d’habiter, de construire et d’aménager depuis Athènes jusqu’aux confins de sa région, l’Attique. Conçu comme un observatoire des constructions vernaculaires et des interventions domestiques, ce nouveau sentier invite à se laisser porter dans la capitale grecque, hors de tout véhicule motorisé.

La Vitrine du sentier est soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône dans le cadre de la redynamisation du centre-ville de Marseille.

L’Attiko Monopati, tout comme le GR2013 à Marseille, fait partie du réseau européen des sentiers métropolitains, qui comprend notamment les sentiers de Paris, Bordeaux, Londres, Cologne, Milan et Liège. Il est aussi un des terrains d’étude de l’École européenne des sentiers métropolitains, Metropolitan Trails Academy.

Ce travail a fait l’objet d’une exposition à l’Institut Français d’Athènes en février 2020.

À l’occasion de l’exposition sur le sentier métropolitain Attiko Monopati à Athènes, le Bureau des guides du GR 2013 invite son créateur Jordi Ballesta à nous parler de son approche des paysages, de la manière dont a été pensé le sentier et ses futures évolutions. Initié en 2018, le sentier est long de plus de 300 km et se décline en 18 étapes. Embrassant une grande diversité d’espaces, il interroge les manières d’habiter des Athéniens. Un bel outil paysager. 

Arrivé à Athènes dans les années 2000 dans le cadre de recherches doctorales, Jordi Ballesta a déjà une large connaissance de la ville – parcourue à pieds en large et en travers – lorsqu’il rencontre le sentier du GR 2013 et ses créateurs. De cette rencontre naîtra l’envie de concevoir un sentier métropolitain athénien. “J’ai travaillé à partir de plusieurs problématiques : j’étais notamment intéressé par le fait que le sentier puisse être à la fois une création, un lieu de recherche et une infrastructure de transport.” Le bassin d’Athènes, d’environ 15 km sur 30, est entouré de montagnes. Polycentrique et dense, la ville privilégie la circulation automobile. “Dans les imaginaires athéniens il est difficilement concevable de faire plusieurs kilomètres pour aller d’un quartier à l’autre, encore moins de faire plusieurs dizaines de kilomètres à pied pour aller d’un bout à l’autre de la ville.” Rarement conçue selon des critères urbanistiques contraignants, Athènes est davantage organisée pour répondre à des soucis pratiques que pour épouser des critères esthétiques. Jusqu’à ces dernières années, les Athéniens ont longtemps considéré leur espace urbain comme monotone, créer un sentier était alors un moyen de tenter d’appeler de nouveaux imaginaires et de proposer un autre regard, par les pieds.

La pratique de la photographie documentaire tout comme la marche a permis à Jordi Ballesta de s’ancrer dans le territoire et d’avoir cette expérience immersive de la ville, à petite échelle. C’est ce que le géographe, photographe et explorateur américain John Brinckerhoff Jackson appelle le “paysage vernaculaire”: celui des pratiques de tous les jours, utilitaire, et bien loin du paysage-décor, esthétique et peint. “J’ai été progressivement attentif à de nombreuses micro-interventions qui proviennent des habitants et qui souvent débordent sur l’espace public. Il y a énormément d’interventions domestiques qui ne sont pas forcément réglementaires. À petite échelle, il y a une diversité des espaces qui est extrêmement forte, à l’échelle du trottoir, à l’échelle des pièces qui ont été ajoutées aux constructions, etc. C’est ce que j’appelle la Chôrodiversité  du grec “choros” : “espace”.” 

C’est finalement ce jeu entre les échelles que permet le sentier. “Alors qu’on pourrait concevoir que le mélange d’interventions publiques et privées est porteur de désordre, grâce au sentier et à son échelle, on comprend que les logiques habitantes participent à  une coproduction de la ville et à un enrichissement de ses espaces en nombre et en qualité.”

En mettant de côté outils de géolocalisation et cartes, Jordi Ballesta choisit l’orientation par les sens et propose un réel parcours par le corps. Les photographies viennent s’adosser et structurer l’expérience paysagère de la proximité en interrogeant les phénomènes urbains rencontrés sur la route. “J’ai remarqué que ce qui était décrit par les documents administratifs de la ville pouvaient être éloignés de la réalité, la photographie m’a permis de documenter et d’interroger ces phénomènes, dans une démarche de prise de notes et de prélèvement d’informations.” Utilisées pour retracer un itinéraire, les images deviennent aussi vecteur de relation et de discussion avec les habitants autour des changements de leur quartier.

Aujourd’hui, le sentier Attiko Monopati est un outil de recherche et d’exploration de la ville que les athéniens ont encore à découvrir. Parmi les rêves d’avenir : faire du sentier un outil de constitution et de transmission du patrimoine culturel d’Athènes, celui des manières d’habiter et de vivre la ville. “Il est important de montrer qu’il y a une richesse urbaine qui peut faire patrimoine et donc qui peut être transmise et valorisée. C’est un projet à long terme qui implique que le sentier s’imprime réellement dans les imaginaires urbains au-delà d’une petite communauté de marcheurs.”

Entretien par Johanne Baudy

Informations pratiques

18 mars - 15 octobre 2021

Du lundi au vendredi de 10h à 17h