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Gazette du Ruisseau n°7

Une usine pharmaceutique aux bords du ruisseau

Édito
Au sein du collectif des Gammares, cela fait longtemps que nous suivons SPI Pharma. Elle fait partie des usines clairement identifiées comme source de pollution actuelle de notre ruisseau.

Aller marcher aux abords de l’usine fait presque partie du processus d’intégration dans le collectif : faire la balade du Capri Sun avec le collectif SAFI, suivre la Redescente n°1 du ruisseau avec Anti, ou encore investiguer les Cheminées des collines en compagnie d’Hôtel du Nord, nombreuses sont les occasions pour aller la voir, et en raconter son histoire.

Mais qu’est-ce qu’elle nous dit, là, juchée au milieu des forêts vallonnées de Septèmes ? Elle nous parle du passé industriel septémois, entre chimie, engrais, soudière et chimie de l’alumine, comme un clin d’œil au terril de boues rouges en aval sur le ruisseau.

Elle nous questionne sur notre rapport à la santé : elle produit les principes actifs pour le Maalox ou le Gaviscon, ce qui ne sonne pas comme d’obscures productions inutiles ! Et elle oblige à penser ce qu’est un ruisseau en bonne santé.

Une bonne partie des pollutions produites dans le processus industriel est captée par floculation dans une station d’épuration sur site, puis brûlée comme combustible pour les fours de la cimenterie Lafarge-Holcim un peu plus loin. Quelques flocons s’échappent et dévalent tout de même le ruisseau qui rejoint Caravelle, comme une neige éternelle.

Mais le vrai problème est ailleurs, et n’est pas visible à l’œil nu : des sels, pour lesquels aucune valeur limite n’existe, sont rejetés en quantités très importantes dans le ruisseau. Les mesures en sortie de site font état de 4443 μS/cm, soit 4 à 5 fois plus que la moyenne mesurée dans les cours méditerranéens sur sols calcaires.

L’AESE (Association Environnement Septèmes et Environs), membre historique du collectif des Gammares, suit depuis longtemps les évolutions réglementaires autour de l’usine, les mises en demeure et les nouveaux résultats scientifiques. Une veille citoyenne sans relâche que nous tentons de prolonger par les actions du collectif.

Cet été 2025, une enquête publique est sortie : l’usine veut doubler sa production d’adjuvants pour vaccins, et donc, doubler les rejets d’eaux polluées dans le ruisseau, le débit rejeté équivaudrait à 30 % du débit moyen du ruisseau !

En réunion, nous avons décidé que nous allions répondre à cette enquête en tant que Gammares, même si, à vrai dire, pour nous, ce n’était pas très clair à quoi ça sert une enquête publique.

Cette démarche a été l’occasion de plein de questions : comment on va plus loin pour prendre en compte le problème posé par SPI Pharma ? C’est quoi réellement une enquête publique ? Comment comprendre finement l’impact des pollutions ? Et comment répondre aux questions immenses que nous pose l’envie d’avoir un ruisseau un peu moins pollué ici – sans qu’un autre ruisseau ne soit pollué ailleurs ?

C’est une ébauche à toutes ces questions, portées par les Gammares depuis cet été, que propose ce numéro 7 de la Gazette du ruisseau !

Tous les articles sont à découvrir dans la Gazette du ruisseau
Lancement dimanche 1er février 2027 lors d’Un dimanche aux Aygalades à la Cité des Arts de la rue

Le visuel de la couverture est de Geoffroy Mathieu : il s’agit d’un arbre tamaris situé sur les rives du ruisseau (à lire dans la Gazette : TAMARIS, Tamarix gallica. remplaçons l’usine par des tamaris !). Le panorama du verso quant à lui, est une photographie de Bulat Sharipov : un échantillon de l’eau du ruisseau récolté à Notre-dame-Limite et vu au microscope.

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GR TOI-MÊME !

APPEL À CONTRIBUTIONS / Jusqu’au 5 mars 2026

Alors que le Bureau des guides s’apprête à accompagner la sortie du livre d’Abigaël Lordon, Marcher vers soi – Une histoire d’émancipation par la marche sur le GR2013, plusieurs marcheureuses nous confient en coulisse avoir, eux aussi, été inspiré·es par ce sentier.

On entend parler de courts-métrages bricolés entre ami·es, filmés au téléphone. On se souvient de petites cérémonies déguisées improvisées au détour du chemin. Et puis il y a celles et ceux qui écrivent, dessinent, gribouillent et notent pendant les balades. Ces réalisations méconnues sont autant de bouts d’histoires que nous avons envie de découvrir.

C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un appel à contributions à toutes les personnes qui, un jour, ont créé quelque chose en lien avec le GR2013, et qui souhaiteraient le partager.

Et pour celleux qui ont eu des idées sans jamais les mettre en forme : vous avez six semaines pour vous lancer !

→ Envoyez-nous vos propositions jusqu’au 5 mars 2026 via ce formulaire.
→ Les créations seront partagées lors de l’après-midi « Les herbes folles du GR2013 » – samedi 28 mars 2026.
→ Nous vous contacterons pour discuter ensemble des modalités de partage
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Postco flowers

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Les événements du Bureau des guides au festival Lecture par Nature

 

Pour son édition 2026, le festival Lecture par Nature prend pour thématique « Sur les chemins ». Alors forcément, cela nous parle beaucoup ! L’occasion de vous donner rendez-vous dans les médiathèques de la métropole avec les artistes, cartographes et photographes du GR2013 pour interroger le territoire et nous amener à fouiller dans les trésors des bibliothèques.

Ateliers avec les enfants : « Quand la carte fait récit »
En parallèle des événements ouverts au public, nous avons également mené des ateliers avec quatre classe d’écoles élémentaires et de collèges avec l’artiste-cartographe Julien Rodriguez. Plusieurs séances ont permis aux élèves de découvrir les fonds cartographiques des bibliothèques de leur ville (le Rove, Septèmes, Marseille 3e, Marseille 14e), puis de réaliser une carte sensible de leur quartier.

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Miam miam – Glou glou

Deux balades simultanées pour comprendre comment Marseille s’alimente en nourriture et en eau

D’où viennent les aliments qui sont dans nos assiettes à la cantine ou à la maison ? Comment l’eau arrive dans notre robinet et comment se fait-il qu’elle soit potable ? En marchant dans le quartier de Sainte-Marthe (Marseille 14e), il est possible de comprendre tous ces acheminements en allant rencontrer les agriculteurs, en allant voir le MIN d’où arrive la nourriture du monde entier, et en découvrant le canal de Marseille et l’usine de potabilisation d’eau.

Sur une journée, on propose de diviser le groupe en deux :

Une équipe part pour la Balade Miam Miam avec la guide Alice Durot, pour découvrir l’alimentation locale, les cycles des saisons et différents lieux de production : maraîchage, jardins partagés, lieux solidaires…
Une équipe part pour la Balade Glouglou avec Chloé Mazzani, pour une exploration théâtrale du canal de Marseille, avec une explication des cycles de l’eau et ses infrastructures : château d’eau, usine de traitement, canal.

À la fin de journée, les deux groupes se retrouvent autour d’un goûter à la Maison Lull pour partager ce qu’ils ont observé et appris.

Objectifs pédagogiques :
– Comprendre le lien entre alimentation, territoire et engagement citoyen
– Déconstruire l’idée reçue que l’eau potable de Marseille provient de la désalinisation !

Dates et public :
– À partir d’avril 2026
– Écoles de Marseille : CE2, CM1, CM2

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Rando-Archives d’architecte

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Un terrain témoin : la Maison Lull

Au printemps 2025, le Bureau des guides du GR2013 se voit confier la gestion d’un terrain abandonné sur les hauteurs de Sainte-Marthe : la Maison Lull. Parmi ses voisin·es du Boulevard Notre-dame de Santa Cruz, elle compte trois fermes en agriculture biologique : le Rugissement du Lapin, la Ferme de l’Étoile et la Ferme des Petits champs. L’histoire agricole de Sainte-Marthe se retrouve également dans le sol du jardin de Lull laissé en friche pendant des décennies : une véritable banque de graines témoignent des pratiques du passé. Ce jardin très accueillant devient alors le lieu de rencontres et de pédagogie autour de l’alimentation et de l’agriculture, la Zone à Manger. C’est aussi là qu’on se retrouve pour la veillée du mémorable Bivouac Sunrise en mai 2025.

Le 8 juillet 2025, tandis que le grand incendie touche les Pennes-Mirabeau et le nord de Marseille, un autre feu se déclare dans la colline de Mirabilis. Il atteint le terrain de la Maison Lull et l’incendie.


Illustration © Timothée Girault

Son terrain rassemble sur une seule parcelle plusieurs milieux types, tous incendiés et dont nous allons suivre en temps réel l’évolution : une prairie ouverte, des restanques, un talus avec risque élevé d’érosion, une pinède, un espace de jardin aménagé avec bassin, une haie, une garrigue basse.


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La communauté de l’école

Le groupe habitant·es

Le groupe habitant·es de l’École du feu s’est constitué à la suite de la première rencontre à Miramar le 23 juillet 2025 et d’une décision prise en assemblée générale du collectif de l’incendie du 8 juillet. Il rassemble vingt personnes habitant l’Estaque ou un de ses quartiers limitrophes et qui sont directement concernées par le risque incendie en zone de lisière urbaine. Ces habitant·es prévoient de se retrouver régulièrement sous la forme à la fois de réunions et d’explorations des zones de l’incendie, pour commencer à affiner les thématiques à travailler.

Le groupe sera mobilisé durant toute la durée du projet de l’École du feu pour co-construire les actions en direction des publics habitants (balades, ateliers, écriture), concevoir les premières formes d’actions collectives à expérimenter sur le territoire, et se faire le relais du collectif de l’incendie du 8 juillet auprès de l’Ecole du feu (et inversement).

Élise Boutié, anthropologue

Chercheuse à l’EHESS et enseignante à Aix-Marseille Université, Élise Boutié travaille sur les récits, perceptions et manières d’habiter les territoires marqués par le feu. Après une thèse consacrée à l’incendie le plus destructeur de l’histoire de Californie en 2018, l’École du Feu lui offre une opportunité d’analyses comparées entre les contextes californien et marseillais.
Son travail s’articule autour de trois axes : comprendre l’histoire et le fonctionnement des institutions liées à la gestion des incendies ; cartographier la mémoire des feux dans la région marseillaise à travers les voix de ses habitant·es ; et repenser le feu comme un phénomène multiple, au-delà du seul prisme du risque, pour imaginer de nouvelles façons de cohabiter avec lui.

Garance Maurer, artiste

Le travail de Garance Maurer à l’École du feu prolonge une recherche entamée en 2022 en Corse sur les fibres végétales et les ressources locales, poursuivie en Californie lors d’une résidence à la Villa Albertine San Francisco, et développée depuis autour du pourtour méditerranéen. Ce travail de recherche-action hybride sciences, art, design et folklore populaire, et s’inscrit dans une réflexion plus large sur la transformation des paysages et des pratiques humaines face au dérèglement climatique.

Elle souhaite développer un volet sur les savoirs et légendes méridionales, en croisant enquêtes de terrain, correspondances et pratiques plastiques pour raconter comment les feux intentionnels et les savoirs vernaculaires peuvent nourrir des stratégies collectives de résilience et une nouvelle habitabilité de nos territoires.

Jordan Szcrupak, paysagiste

Diplômé de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles-Marseille, Jordan Szcrupak mène des projets de développement paysager au sein de l’agence APJS et enseigne à l’Ensa·m. Sa recherche porte particulièrement sur la vulnérabilité des zones d’interface habitat-forêt, notamment au sein de l’Association Forêt Méditerranéenne.

À l’École du feu, il met ses recherches en discussion avec les habitant·es et acteurs du territoire, autour de trois axes : intégrer le risque incendie dans l’urbanisme et les projets de territoire ; restaurer des mosaïques paysagères et maintenir des discontinuités de combustibles ; reconnaître et valoriser la forêt périurbaine comme un bien collectif nécessitant une gouvernance partagée.

La coopérative Hôtel du Nord

La coopérative a été créée en 2011 pour valoriser le patrimoine de métropole marseillaise, afin de le conserver « en vie » et d’améliorer la vie de ceux qui y vivent et travaillent. Ses coopérateurs habitants créent des balades patrimoniales, et mettent ainsi en oeuvre la convention de Faro à l’échelle des quartiers Nord ! La coopérative est aussi une force de mobilisation sur des enjeux de préservation patrimoniale ou écologique, comme c’est le cas depuis 2023 dans la lutte pour sauver le parc de Miramar. Alors que plusieurs de ses coopérateur·ices ont été directement touchés par l’incendie du 8 juillet 2025, elle apporte une force de mobilisation, des compétences pour mener des enquêtes citoyennes, et une source de connaissances accumulées sur les quartiers concernés par l’incendie.

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