En-Quête de terres

Nous avons choisi de marcher 2024 sur des chemins de quêtes et d’enquêtes. Petit jeu de mot facile pour dire un constat complexe : nous ne trouverons pas de sens à notre quotidienneté si nous ne nous rendons pas sensibles aux relations et aux inter-dépendances dans lesquelles nous habitons.  Alors, embarquons dans ces en-quêtes qui revisiteront nos relations à la terre mais aussi les modèles de production alimentaires dans lesquelles se construisent à la fois nos habitudes et nos alternatives. On ouvre les pistes en multipliant les rencontres…

En-Quête de terres est un chemin d’enquêtes parcouru avec la Cité de l’Agriculture, le tiers-lieu de Tour-Sainte, la ferme de Capri, Terre de partage et d’entraide, le COMAC, le collectif Sols vivants Terres fertiles, l’Après M, l’Atelier paysan, les Jardins de Julien, les paysan·ne·s de Sainte-Marthe, l’APHM et le MUCEM

L’approche sur le mode enquête imprègne l’ensemble de nos démarches en cours. Pour comprendre comment elle traversera les balades, les rencontres, et les façons de penser, feuilletez le fanzine 2024 Paysage pas sage #1.

Et puis… À travers son roman-photo Terres communes, Amélie Laval vous invite à revivre la marche symphonique agricole vécue en mai 2023, pour réfléchir à la place de l’agriculture à Marseille et aux liens qu’elle crée entre les habitant·e·s.

Les 10 ans du GR2013

Il y a 10 ans le sentier métropolitain du GR2013 était inauguré sous une pluie battante, après 3 ans de repérages partagés entre artistes, randonneurs, parfois facteurs, traileurs ou autres adeptes insoupçonnés de la marche en ville et en paysages péri-urbains. Aboutissement d’un pari institutionnel porté alors par la Capitale européenne de la culture, ce sentier faisait lieu de premier projet culturel d’une métropole encore invisible.

La création du Bureau des guides a par la suite permis d’approfondir cette première hypothèse d’un sentier comme outil de lectures partagées des paysages,  et aussi d’en proposer d’autres.
Dans l’épaisseur du temps, ce sont des dizaines d’actions qui se sont inventées sur le “terrain”, des champs de pratiques qui se sont rencontrés, des conversations qui ont émergé, des communautés qui se sont reliées autour de l’idée d’un chemin et de la marche pour habiter plus pleinement nos sols et nos voisinages.

Les artistes-marcheurs.es  et randonneurs.ses des premières heures ont peu à peu été rejoint.es par des habitant.es motivé.es à explorer, des chercheurs.ses intéressé.es à tisser autrement les savoirs, des artistes désireux de contribuer à des récits qui soutiendraient notre vie commune, et puis aussi des gammares, des rivières, quelques éoliennes, un étang, des enfants, des roches, des cheminées, des canadairs, des fissures dans les murs ou encore des caprisun…

Voilà 10 ans que nous marchons, à la recherche et à la rencontre des histoires qui constituent et orientent nos quotidiens. En prenant soin de ce morceau de territoire que dessine le chemin, en y voyant pousser peu à peu notre connaissance partagée et nos attachements communs, nous entendons l’urgence d’exercer ce qui reste de nos sens paysans (littéralement “gens du pays”) pour retourner au monde d’aujourd’hui. Et pour cela il va falloir ralentir…

Cette année anniversaire ne sera donc pas l’objet d’une unique grande fête, mais plutôt d’un ensemble d’invitations à se rassembler et à célébrer ce que l’auteur Gary Snyders nommait “le sens des lieux”. Au fil des mois nous vous invitons dans des formes et des formats très variés à venir penser avec vos pieds, vivre dans le dehors, percevoir avec votre dedans, explorer nos dessous et éprouver 10 ans d’aventures buissonnières comme la fabrique d’un sol hospitalier.

Alors en route !

Les artistes compagnon·nes de cette annéeversaire

Collectif SAFI, Collectif de plasticiens-cueilleurs, Nicolas Memain, Street-jockey, montreur d’ours en béton, urbaniste Grand Pied, Geoffroy Mathieu, Photographe chercheur de points de vue, Camille Goujon, Bio-artiste spécialiste des paysages hybrides et antagonistes, Amélie Laval, Militante du roman-photo spéculatif, Hendrick Sturm, Artiste promeneur de la ville invisible, Robin Decourcy, Trekdanseur techno-archaïque, Christine Breton, Roche mère du GR2013, Clovis Deschamps Prince, Plasticien bivouaqueur, Grand Huit, Collectif d’improvisateurs paysagistes, Les Gammares, Collectif de crevettes engagées, Nelle Gevers, Glaneur de pierres et d’histoires, Julien Rodriguez, Cartographe sensible, Mathias Poisson, Plasticien et performeur adepte du tourisme de travers, Phaune Radio, Libérateur de sons effervescents, Mathilde Monfreux, Chorégraphe organique, Florent Chiappero, Architecte du commun, Clemens Coulons, Dessinateur de garrigue

Pamparigouste

Une exploration collective à la recherche de l’étang de Berre

Atlas routier Michelin, 2015

En 2015, la réédition de l’atlas routier Michelin oublie de figurer la nappe bleue de l’étang de Berre. Le plus grand étang d’eau saumâtre d’Europe – 75 km de côtes, une lagune de 155 km2 et 980 millions de m3 d’eau – disparaît alors de la carte.

En 2018, un printemps pluvieux et des apports d’eaux claires très importants provoquent un phénomène de “bloom phytoplanctonique“ qui, associé à de très fortes chaleurs et une absence de mistral pendant l’été, entraine une des plus graves crises anoxiques dans l’étang. L’évènement, particulièrement inquiétant, s’inscrit dans l’histoire longue d’un territoire hautement industrialisé et nous alerte sur l’actuelle fragilité de ses écosystèmes.

En 2019, une expédition menée par le Bureau des guides et portée par un équipage composé d’artistes, de scientifiques et d’habitants de la lagune, part à la découverte de cette mer intérieure. Après une navigation depuis Marseille, leur navire s’aventure dans le chenal de Caronte pour inventer un territoire à partir de ses côtes et de ses rivages.

Une exploration poétique et scientifique s’engage…

PAMPARIGOUSTE, est une expédition métropolitaine soutenue par le FNADT, la Région Sud, le projet européen Nature 4 City Life, le Département des Bouches-du-Rhône, Les Parallèles du Sud de Manifesta 13, la Fondation de France, les communes de Martigues, Miramas, Saint-Chamas, Istres, Vitrolles et Berre-l’Étang. En coproduction avec le gmem-CNCM-marseille, Centre National de Création Musicale de Marseille | ENSA•M. En partenariat avec Opéra Mundi, la Fondation TARA Océans, le GIPREB, L’institut écocitoyen de Fos, le LPED (Aix Marseille Université), le Parc de l’ancienne poudrerie de St Chamas (SIANPOU), Yes we camp, les bases nautiques et clubs de voile ainsi que les associations riveraines de l’étang (ESSV, le Batolab, la LPO, l’ADMR, l’Étang Maintenant, Nosta Mar, …).

Foresta

Foresta, processus collectif au sein d’un futur parc métropolitain au nord de Marseille.

Foresta désigne un possible futur parc métropolitain dans l’ancien bassin tuilier de Séon au nord de Marseille, dans ce qui est devenu aujourd’hui la coulée verte de Grand Littoral.Ces 20 hectares représentent un espace vert peu commun dans Marseille, à la fois par sa taille mais aussi par son histoire patrimoniale.Terre d’argile, de vignes puis de tuiles, cette partie de l’imposant domaine de la famille Foresta est depuis une quinzaine d’années un espace ouvert mais aussi à la limite de l’abandon.

Le GR2013 a choisi de tracer son sentier dans ce paysage remarquable, marquant un premier aménagement public pédestre dans cet espace juridiquement privé.

Depuis plusieurs années, le collectif Yes we camp, la coopérative Hôtel du Nord, la société Résiliance, avec le Bureau des guides du GR2013 et de nombreuses associations riveraines échangent, marchent et peu à peu élaborent ce que pourrait être un futur parc métropolitain, à la fois lieu de vie, de mémoire, de pratiques culturelles et sportives mais aussi outil d’agriculture urbaine et de productions locales.

Le Bureau des guides du GR2013 contribue à l’exploration des paysages, pratique le projet dans sa dimension métropolitaine, et engage une réflexion associant constructeurs et habitants autour de la construction d’un refuge urbain sur le site.

Découvrez les récits des conversations et balades autour de Foresta !

Les Aygalades

Une communauté de bassin versant

Chronologie des principales actions artistiques et citoyennes autour de la redécouverte du ruisseau

1994 – Lancement de la Mission expérimentale de conservation intégrée par Christine Breton au sein de la Ville de Marseille.

2005 – Premières balades publiques lors des Journées Européennes du Patrimoine. 

2008 – Lancement des Ateliers de Révélations Urbaines autour de la rivière par l’ADDAP 13 (prévention jeunesse). 

2013 – Projet Le Belvedere par Ruedi Baur et Civic city, pérennisation des balades patrimoniales et sortie du Livre du Ruisseau dans le cadre de MP2013.

2016 – Création, dans le sillage des Ateliers de Révélations Urbaines, du chantier d’insertion de la Cascade des Aygalades porté par I’APCAR (Cité des arts de la rue).  

2017 –  La remontée du ruisseau, expédition artistique proposée par le Bureau des guides du GR2013. 

2018 – Création d’un rendez-vous mensuel « Un dimanche aux Aygalades » par la Cité des arts de La rue, La Cité de l’agriculture et le Bureau des guides du GR2013, articulant conférences autour de la rivière, marché de producteurs, balades et programmation artistique. 

2019 – Création du Collectif des Gammares qui organise Opération Plastic Valley, première action collective des sources à l’embouchure du ruisseau. 

2020 – Sortie de la première édition de La Gazette du ruisseau par le collectif des Gammares. 

2021 – Première Fête du Ruisseau

2022 – Adoption de Caravelle-Aygalades par l’Epage HUCA

MP2013 : Capitale européenne de la Culture

Des propositions artistiques sur le GR2013 pendant la Capitale européenne de la Culture.

L’année 2013 fût l’année d’homologation du GR2013 mais aussi d’une série de projets pour pratiquer le territoire métropolitain avec les artistes-marcheurs à l’initiative du sentier ainsi que des artistes internationaux invités.

Le GR2013 c’est :

Un espace public long de 365 Km

Un équipement culturel traversant 37 communes

1 territoire de 3000 km2

100 000 visiteurs en 2013